Par Laëtitia RAIBON, votre naturopathe
L’arthrose touche aujourd’hui plus de 10 millions de Français, et sa fréquence ne cesse d’augmenter avec le vieillissement de la population. Douleurs, raideurs et perte de mobilité rythment le quotidien de nombreuses personnes.
Face à ces symptômes, les traitements disponibles visent principalement à réduire la douleur, améliorer la mobilité et préserver la fonction articulaire. Ils ne répondent cependant pas toujours à toutes les attentes des patients, ce qui explique l’intérêt croissant pour des approches complémentaires, notamment autour de l’alimentation, du poids et de l’hygiène de vie.
Parmi elles, le jeûne suscite un intérêt croissant. Réduction de l’inflammation, amélioration du métabolisme et régénération cellulaire : ses effets semblent prometteurs pour les personnes souffrant d’arthrose. Mais qu’en dit vraiment la science ? Et surtout, est-ce une solution adaptée à tous ?
Comprendre l’arthrose et ses mécanismes
Une maladie articulaire dégénérative
L’arthrose correspond à une usure progressive du cartilage qui recouvre les extrémités osseuses au niveau des articulations. Cette usure entraîne des frottements douloureux et limite la mobilité.
Les facteurs favorisants
- Âge : l’arthrose apparaît le plus souvent après 50 ans.
- Surpoids : chaque kilo supplémentaire accentue la pression sur les genoux et les hanches.
- Antécédents traumatiques : fractures, entorses ou microtraumatismes répétés.
- Mode de vie : alimentation déséquilibrée, manque d’activité physique.
Symptômes fréquents
- Douleurs mécaniques, surtout à l’effort.
- Raideurs matinales.
- Craquements articulaires.
- Limitation progressive de la mobilité.
➡ Selon l’Inserm, près de 17 % de la population française est concernée par l’arthrose, ce qui en fait l’une des principales causes de handicap après 65 ans.
Le jeûne : définitions et approches
Qu’est-ce que le jeûne ?
Le jeûne consiste à s’abstenir manger pendant une période déterminée. Il existe plusieurs formes :
- Jeûne intermittent (le plus courant) : alterner périodes d’alimentation et de restriction (ex. 16 heures de jeûne, 8 heures de prise alimentaire).
- Jeûne hydrique : consommation exclusive d’eau pendant 24 heures ou plus.
- Jeûne arrangé : consommation de jus de légumes et fruits ainsi que de bouillons en quantité restreinte
Les mécanismes biologiques du jeûne
- Autophagie : le jeûne peut activer des mécanismes cellulaires impliqués dans le recyclage de certains composants cellulaires.
- Inflammation : différentes formes de jeûne peuvent modifier certains marqueurs inflammatoires, même si les résultats varient selon les protocoles.
- Métabolisme : le jeûne entraîne des modifications du métabolisme énergétique et peut améliorer certains paramètres métaboliques, notamment chez les personnes présentant une surcharge pondérale.
Ce que disent les études
- Une étude publiée en 2019 dans Frontiers in Nutrition montre que le jeûne intermittent réduit les marqueurs inflammatoires.
- Des travaux menés chez des personnes souffrant de maladies rhumatismales, notamment de polyarthrite rhumatoïde, ont observé une diminution des douleurs et de certains symptômes après des périodes de jeûne. Ces résultats ne permettent toutefois pas de transposer directement ces observations à l’arthrose. Une étude pilote menée chez 30 personnes souffrant d’arthrose de la main, de la hanche ou du genou a observé, après un programme de jeûne supervisé selon la méthode Buchinger, une amélioration des douleurs, de la fonction articulaire et de la qualité de vie. Ces résultats sont intéressants, mais doivent être interprétés avec prudence car l’étude ne comportait pas de groupe contrôle.
Jeûne et arthrose : quels bénéfices possibles ?
Réduction de l’inflammation et des douleurs
L’inflammation articulaire peut participer aux douleurs et aux symptômes de l’arthrose. Des travaux sur le jeûne intermittent montrent des modifications de certains marqueurs inflammatoires, notamment de la CRP, mais les résultats ne sont pas uniformes selon les protocoles étudiés. Il est donc possible que ces mécanismes participent aux effets ressentis par certaines personnes, sans que l’on puisse pour autant considérer le jeûne comme un traitement de l’arthrose.
Amélioration de la mobilité
Une diminution des douleurs et de la raideur peut faciliter les mouvements et améliorer la qualité de vie. Une petite étude menée chez des personnes souffrant d’arthrose a notamment observé une amélioration de la fonction articulaire après un programme de jeûne supervisé. Ces résultats restent préliminaires et mériteraient d’être confirmés par des essais contrôlés de plus grande ampleur.
Impact sur le poids et la charge articulaire
Le surpoids constitue un facteur important dans l’arthrose du genou et de la hanche. Une perte de poids peut réduire les contraintes mécaniques exercées sur les articulations et améliorer les douleurs et la fonction chez les personnes en situation de surpoids ou d’obésité. Le jeûne intermittent peut constituer, pour certaines personnes, une stratégie parmi d’autres pour favoriser une réduction des apports énergétiques et une perte de poids.
Études et témoignages
- Les données disponibles sur le jeûne intermittent et les douleurs chroniques restent encore limitées et hétérogènes. Une revue systématique des stratégies alimentaires dans les douleurs musculosquelettiques a retrouvé des résultats encourageants dans certaines études, mais pas suffisamment homogènes pour conclure à un effet systématique sur la douleur.
- Certaines personnes rapportent une sensation de légèreté, une meilleure énergie et une baisse notable des symptômes après quelques semaines de pratique.
Les limites et précautions du jeûne pour l’arthrose
Contre-indications médicales
Le jeûne ne convient pas à tout le monde. Il est déconseillé en cas de :
- Diabète de type 1.
- Troubles alimentaires.
- Grossesse ou allaitement.
- Maladies chroniques sévères non stabilisées.
Risques d’un jeûne mal encadré
- Fatigue excessive.
- Hypoglycémie.
- Déséquilibre nutritionnel si la reprise alimentaire est mal gérée.
Importance d’un suivi naturopathique et médical
Le jeûne doit être adapté à chaque profil. Il convient donc de faire le point avec un naturopathe ou une personne spécialisée dans l’accompagnement au jeûne. Un suivi médical ou nutritionnel est fortement recommandé pour les personnes âgées ou fragiles.
Compléter le jeûne avec une hygiène de vie adaptée
L’alimentation anti-inflammatoire
Certains choix alimentaires peuvent compléter la démarche autour du jeûne et contribuer à une alimentation favorable à la santé articulaire :
- À privilégier : poissons gras riches en oméga-3, curcuma, gingembre, légumes verts, fruits rouges.
- À limiter : sucres raffinés, excès de viande rouge, produits transformés
Les exercices doux
- Marche quotidienne.
- Yoga ou Pilates pour améliorer la souplesse.
- Renforcement musculaire doux pour protéger les articulations.
Les soins naturels complémentaires
- Cures thermales : plusieurs études françaises ont montré leur efficacité dans la réduction des douleurs arthrosiques (en savoir plus).
- Plantes aux vertus anti-inflammatoires : harpagophytum, ortie, reine-des-prés.
Jeûne et arthrose : vers une approche intégrative ?
L’arthrose est une maladie chronique qui ne se résume pas à une simple usure mécanique du cartilage. La prise en charge repose sur plusieurs leviers : activité physique adaptée, gestion du poids lorsqu’elle est nécessaire, traitements symptomatiques et, selon les situations, différentes approches complémentaires. Le jeûne intermittent peut constituer une piste intéressante à explorer dans ce contexte, notamment lorsqu’il s’inscrit dans une démarche globale d’hygiène de vie.
Chaque patient est unique : ce qui fonctionne pour l’un peut ne pas convenir à l’autre. Le jeûne doit donc être vu comme une piste complémentaire, et non comme un remède universel.
Le jeûne, un allié naturel pour les personnes touchées par l’arthrose
Le jeûne apparaît aujourd’hui comme une piste intéressante dans la réflexion autour de l’hygiène de vie des personnes souffrant d’arthrose. Les mécanismes étudiés concernent notamment le métabolisme, certains marqueurs inflammatoires et la gestion du poids. Des données préliminaires suggèrent également un possible intérêt sur les douleurs et la fonction articulaire, mais les recherches spécifiques à l’arthrose restent encore limitées.
Cependant, il ne remplace pas les traitements médicaux. La prudence reste de mise, avec un accompagnement professionnel adapté.
Pour un protocole de jeûne adapté et sécurisé — notamment en cas d’arthrose avancée, d’antécédents médicaux ou de prise de traitements — un suivi personnalisé reste indispensable. Les accompagnements proposés par Plante Ton Bonheur permettent de mettre en place une stratégie progressive et personnalisée, adaptée à votre situation et à vos objectifs de confort articulaire.
Au-delà des conseils généraux, l’accompagnement individuel prend en compte votre histoire, vos habitudes alimentaires, votre mode de vie et vos besoins spécifiques. C’est ce travail pas à pas, ajusté au fil de votre évolution, qui favorise une amélioration réelle et durable de votre bien-être articulaire.
Et surtout, prenez soin de vos articulations : elles vous portent chaque jour !
Cet article a été rédigé par LeTraumato, en collaboration avec Plante Ton Bonheur.
Références scientifiques
Les données scientifiques disponibles sur le jeûne et l’arthrose restent encore limitées, mais plusieurs travaux explorent ses effets potentiels sur l’inflammation, le métabolisme, le poids et les douleurs articulaires. Une étude pilote menée chez des personnes souffrant d’arthrose a notamment observé une amélioration des douleurs, de la fonction articulaire et de la qualité de vie après un programme de jeûne supervisé. D’autres travaux portent sur les effets du jeûne intermittent sur les marqueurs inflammatoires et la prise en charge du poids, deux facteurs importants dans l’arthrose. Ces résultats sont encourageants mais nécessitent encore des études de plus grande ampleur pour confirmer l’intérêt du jeûne dans cette indication.
Pour aller plus loin :
- Michalsen A. et al. — Fasting therapy for the treatment of chronic pain and rheumatic diseases.
- Wang X. et al. (2020) — Effects of intermittent fasting diets on plasma concentrations of inflammatory biomarkers: A systematic review and meta-analysis of randomized controlled trials.
- Effects of fasting on osteoarthritis symptoms and quality of life — étude pilote chez des patients souffrant d’arthrose.