Par Laëtitia RAIBON, votre naturopathe
Le jeûne est une pratique millénaire qui consiste à s’arrêter de manger pendant une période plus ou moins longue. D’ailleurs, il existe plusieurs sortes de jeûnes : le jeûne intermittent, le jeûne court, ou encore le jeûne long. En pratique, le jeûne est souvent recherché pour faire une pause, alléger la digestion, prendre du recul sur ses habitudes alimentaires ou simplement s’offrir un temps pour soi. Certaines personnes rapportent également une sensation de légèreté ou de vitalité au cours de cette expérience. Cependant, avant de se lancer dans un jeûne, il est important de se renseigner : certaines situations constituent des contre-indications ou nécessitent des précautions particulières. Alors quels sont les risques du jeûne et à qui s’adresse-t-il ?
Les dangers du jeûne intermittent
Qu’est-ce que le jeûne intermittent ?
Le jeûne intermittent consiste à alterner des périodes de prise alimentaires avec des périodes de repos digestifs. Il existe 2 grandes formes de jeûne intermittent :
Le fasting
La forme la plus courante est celle que l’on nomme fasting. Elle consiste à prolonger le repos digestif nocturne, en sautant le repas du soir ou celui du matin. Le plus courant dans ce cas, c’est de jeûner 16 heures puis de manger sur une période de 8 heures au maximum. Cette pratique est souvent recherchée dans une démarche de gestion du poids ou d’amélioration de certaines habitudes alimentaires et fait également l’objet de recherches sur différents paramètres métaboliques.
La méthode 5 : 2
Au sens élargi du terme, certains parlent de jeûne intermittent lorsqu’ils font la méthode 5 : 2. Celle-ci consiste à manger en couvrant ses besoins, 5 jours par semaine et à ne consommer que 25% de ses besoins caloriques les 2 autres jours. Ainsi, l’organisme puise dans ses réserves pour fournir de l’énergie aux cellules. Cette réduction des apports peut entraîner une perte de poids, qui constitue d’ailleurs l’un des objectifs fréquemment recherchés avec cette méthode. Mais la méthode 5 : 2 n’est pas vraiment un jeûne intermittent au sens propre du terme. En effet, il y a une consommation d’aliments solides tout au long de ces 2 jours, ce qui n’est pas permis en jeûne.
Quels sont les dangers du jeûne intermittent ?
Si la pratique du jeûne intermittent est facile à mettre en place et présente de nombreux bienfaits, elle est aussi déconseillée chez certaines personnes :
- Chez les personnes diabétiques, notamment lorsqu’un traitement susceptible de provoquer une hypoglycémie est utilisé, le jeûne doit faire l’objet de précautions particulières et d’un avis médical.
- Chez les personnes très maigres et dénutries, qui ne parviennent pas à manger en quantité « normale », il risque d’y avoir un manque d’apport. Dans ces cas-là, il est préférable de faire plusieurs petits repas dans la journée pour avoir un maximum de calories. Une plage horaire réduite contribue à diminuer le total calorique journalier.
- En cas d’ulcère d’estomac ou du duodénum, les personnes peuvent être sujettes à des brûlures lorsqu’elles ne mangent pas pendant un temps. Vigilance donc dans ce cas !
- Lorsqu’il y a des troubles du comportement alimentaire (TCA) de type boulimie/hyperphagie, dans la majorité des cas, sauter le petit-déjeuner contribue à augmenter les « crises » le soir. Mais cela est à individualiser ici.
- Enfin, il n’est pas forcément conseillé aux femmes, de sauter le petit déjeuner de manière systématique, sur le long terme. En effet, si cette pratique peut parfois être intéressante ponctuellement ou sur une courte période, des dérèglements hormonaux peuvent se produire à plus long terme.
Les dangers d’un jeûne court à long
Jeûne court, jeûne long, définitions
Le jeûne court met l’organisme au repos sur une période d’1 à 3 jours. Seules les boissons à base d’eau (tisanes ou infusions à froid) et les bouillons sont autorisés. Et il est également possible de faire un jeûne « modifié » en ajoutant un petit apport calorique avec un ou plusieurs jus de légumes. Mais rien de solide, demandant un travail plus important au niveau du système digestif.
Pendant un jeûne court, l’organisme utilise d’abord ses réserves de glycogène. Lorsque celles-ci diminuent, généralement au cours des premières 24 à 48 heures, la néoglucogenèse prend progressivement le relais afin de maintenir la glycémie. Elle permet notamment de produire du glucose à partir de différents substrats, dont certains acides aminés et le glycérol issu de la mobilisation des graisses.
Au fil du jeûne, la mobilisation des réserves lipidiques augmente et la production de corps cétoniques s’intensifie progressivement.
Ensuite, à partir du 4ᵉ jour, certains parlent de jeûne long. Cette appellation reste toutefois relative selon les personnes et les protocoles. À ce stade, la cétogenèse prend une place plus importante : il s’agit de la production de corps cétoniques à partir des acides gras, qui peuvent notamment être utilisés comme source d’énergie lorsque les apports glucidiques diminuent.
C’est également au cours du jeûne prolongé que différents mécanismes cellulaires continuent d’évoluer. L’autophagie, notamment, fait l’objet de nombreuses recherches : ce processus naturel permet aux cellules de dégrader et de recycler certains de leurs composants. Le terme d’autolyse est également utilisé dans certaines approches du jeûne pour décrire des phénomènes de dégradation et de mobilisation des constituants cellulaires.
Quels sont les dangers d’un jeûne court à long ?
Bien entendu, la pratique d’un jeûne, qu’il soit court ou prolongé, n’est pas adaptée à toutes les situations. Certaines situations constituent des contre-indications, tandis que d’autres nécessitent des précautions particulières ou un avis médical.
Parmi les principales contre-indications au jeûne, on retrouve notamment :
- Cachexie (affaiblissement de l’organisme dû à une dénutrition sévère)
- Anorexie mentale
- Hyperthyroïdie décompensée
- Insuffisance cérébro-vasculaire avancée (artériosclérose cérébrale ou affection coronarienne avancées)
- Décollement de la rétine
- Insuffisance hépatique ou rénale sévère
- Démences/psychose
- Grossesse et allaitement
- Ulcère de l’estomac ou du duodénum
- Diabète de type 1
Bien sûr, si vous ne faites pas partie des personnes chez qui le jeûne est considéré comme dangereux, il convient tout de même d’adapter la durée de votre pratique en fonction de nombreux paramètres : votre vitalité au moment de débuter le jeûne, mais aussi votre hygiène de vie. Si vous fumez ou que vous consommez régulièrement de la junk-food, votre organisme peut notamment être davantage sollicité au quotidien que dans le cadre d’une hygiène de vie plus équilibrée. La transition vers le jeûne peut alors mériter une attention particulière et une préparation progressive afin de limiter certains symptômes d’adaptation. C’est pour cela qu’il est préférable de se faire accompagner par un professionnel lorsque l’on décide de jeûner.
Conclusion
La pratique ancestrale du jeûne est aujourd’hui étudiée pour ses effets sur différents paramètres métaboliques et physiologiques. De nombreuses personnes y trouvent également une véritable parenthèse, propice au repos, à la prise de recul et à une réflexion sur leurs habitudes de vie.
Toutefois, le jeûne ne s’adresse pas à tout le monde et certaines situations nécessitent des précautions particulières. Respecter les contre-indications, adapter la durée à sa situation et être attentif à ses ressentis sont essentiels pour pratiquer dans de bonnes conditions.
Être accompagné par un professionnel, à distance ou lors d’un séjour dédié, permet d’accéder à un cadre plus sécurisant. En outre, un accompagnement permet de se préparer au jeûne comme il se doit pour obtenir plus de résultats.